Congrès 2013 à Passy :  Quelques  informations pour préparer le séjour

Passy se trouve à 23 km de Chamonix, à 9 km de Saint-Gervais, à 3 km du Fayet, et 16 km de Megève. La frontière Suisse se trouve à 40 km environ.
On y accède ;
- par l'autoroute   A40 Genève / Chamonix, sortie Passy (n°21).
- par le train : gare  SNCF de  Saint-Gervais les Bains-le Fayet  puis liaison par bus ou taxis.
Aujourd'hui,  Passy est une petite ville de 12000 habitants  sur une superficie de 8000 hectares. Elle s'étend sur la plaine de l'Arve  (544 mètres d'altitude) et sur le flan nord de la vallée dominé par la chaine des Fiz, dont le sommet, le Grenier de Villy, culmine à 2901 mètres. De ce côté, on a une vue magnifique et imprenable sur le Mont Blanc.
Au 19ème siècle, Passy était une commune tranquille, essentiellement agricole. L'habitat y était réparti sur une vingtaine de hameaux  et sans réel centre ville. Le principal hameau était Chedde.
L’histoire de la commune aurait pu ressembler à celle des autres villages savoyards de moyenne montagne, où le tourisme a succédé à une longue tradition agropastorale. Mais des hommes visionnaires et des équipes pionnières, grâce à l’utilisation des chutes d’eau et des atouts climatiques, ont écrit une autre histoire, industrielle à Chedde, sanitaire au Plateau d’Assy, doublée des plus belles pages de l’histoire de l’art et de l’architecture au XXe siècle.
Ce renom international confère à Passy une vocation culturelle spécifique.
Le tourisme s'est développé et une petite station familiale de ski a été aménagée au lieu-dit Plaine-Joux entre 600 et 1750 mètres d'altitude
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1-Usine de Chedde   En 1869, l’invention de la houille blanche permet l’implantation de l’usine électrométallurgique de Chedde. La Société des forces motrices et usines de l'Arve, créée par les ingénieurs grenoblois Paul Corbin et Georges Bergès, se spécialisera dans diverses fabrications : chlorates, aluminium, ferroalliages, perchlorates, graphite et magnésie. Au plus fort de son activité, en 1917, l’usine emploie mille quatre cents salariés, immigrés ou paysans désormais « double actifs », transformant le hameau rural en cité ouvrière. Après avoir appartenu au groupe Péchiney, l’entreprise, cédée en 1993 au groupe allemand SGL Carbon, emploie près de deux cents salariés qui fabriquent, à partir de matières premières, des éléments en graphite pour l'industrie nucléaire et les piles photovoltaïques.

2-Le Plateau d’Assy
Au lendemain de la première guerre mondiale, on crée des sanatoriums pour soigner les malades atteints de tuberculose. Le plateau d'Assy  présente les meilleures conditions (altitude moyenne  située entre 1000 et 1300 mètres d'altitude, grand ensoleillement, microclimat….). Le premier sanatorium est inauguré en 1926, le dernier en 1937. Le Plateau d’Assy devient l’une des plus grandes stations européennes avec deux mille lits répartis dans une vingtaine d’établissements. Elle emploie plus de mille salariés venus de tous les coins de France et de l’étranger.

Les reconversions des années 1970, nécessaires après la découverte des traitements antituberculeux, vont permettre le maintien de plusieurs unités médicales performantes. La dernière décennie est marquée par l'application de la carte sanitaire régionale. La délocalisation ou la fermeture des lits restants se poursuit aujourd’hui d’une manière inéluctable.


3-Les sanatoriums
C'est dans la construction des sanatoriums que se développe cette nouvelle architecture  grâce à la collaboration de médecins, d’hygiénistes et d’architectes pionniers. Elle se distingue par  un nouveau rapport avec l’air, la lumière et l’environnement ainsi que par une nouvelle esthétique de l’habitat, des formes inédites, épurées et sans artifices. Par l'emploi de nouveaux matériaux – le béton armé – et de nouvelles techniques,  on a cherché à rationaliser au maximum  pour  trouver des solutions  répondant au mieux à la fonction sanatoriale et à l'utilisation des locaux.
Cinq établissements possèdent des chapelles dont le décor illustre la tentative de moderniser l’art religieux. Réalisé par des artistes chrétiens, il précède de quelques années à peine le grand renouveau manifesté à l’église d’Assy.
Trois édifices ont reçu le label « Patrimoine du XXe siècle » : Praz-Coutant, Guébriant et Martel de Janville, ce dernier étant également inscrit au titre des Monuments historiques.

4-L'architecture moderne et l'art au service de la santé
La communauté locale, multiculturelle et recomposée, était réceptive aux renouveaux artistiques du moment. Le plateau d’Assy est ainsi au cœur de plusieurs révolutions dans les domaines de l’architecture moderne, de l’art moderne et de la sculpture contemporaine. Le site, aujourd’hui reconnu par les institutions et les collectivités territoriales comme haut lieu culturel, devrait permettre à la commune de négocier un des tournants de son avenir.



4.1-L'église Notre Dame de toute grâce
Ce "joyau passerand" a été bâti par l'architecte Maurice Novarina à l'initiative du chanoine  Jean Devémy, aumônier du sanatorium de Sancellemoz. Les travaux ont commencé en 1938 et elle a été consacrée en 1950.
Novarina a voulu cette église à l’image des chalets traditionnels, solidement ancrés au sol,  en accord parfait avec la tectonique du paysage. Il  fut choisi parce qu’il avait auparavant bâti avec succès l’église Notre-Dame des Alpes au Fayet Saint-Gervais-les-Bains, en. 1938.
 C’est sur les conseils de son ami dominicain Marie-Alain Couturier, co-directeur de la revue « L’Art sacré », que le chanoine Devémy va « parier pour le génie » et inviter, pour illustrer les thèmes bibliques, les plus grands artistes modernes, sans tenir compte, ni de leurs croyances religieuses, ni de leur idéologie politique : Rouault et Bazaine pour les vitraux, Bonnard, Lurçat, Matisse, Braque et Léger pour les décors muraux, Richier, Lipchitz et Signori pour les œuvres sculptées, etc...  Des malades ou leurs proches,  participèrent également à cette aventure de l’art sacré.


4.2-Route de la culture
En 1973, Passy fut le support d'une immense exposition - Sculptures en Montagne – Poème dans l’Espace. Inspiré par les lieux et leur histoire, conçu par le poète Jean-Pierre Lemesle.  Le projet réunira les œuvres des artistes les plus représentatifs de la sculpture contemporaine. Passy a gardé cinq œuvres majeures, puis acquis d’autres sculptures. Placées, dans les années 1980, entre la sortie de l'autoroute A40 et les contreforts de la chaîne des Fiz, elles nous proposent une visite du côteau, pour atteindre le belvédère exceptionnel de Plaine Joux (Œuvres de Cossin, Gosselin, Brunelli, Féraud, Calder, Romy, Dupuy, Sandel, Semser, Roussi, Cardenas et Gardy Artigas).

4.3-Autre  patrimoine

Outre les sanas et l'église Novarina, Passy Elle possède un patrimoine très important, unique au Pays du Mont-Blanc, Les paysages et les points de vue sont mis en valeur par des tables d'orientation qui permettent une lecture exhaustive des montagnes alentours (Plaine-Joux, le parking du Parchet, entre Bay et le Coudray, avec une œuvre signée Vincent Cordier).

Le territoire de Passy, du fait de sa taille très étendue (près de 8000 hectares), est parsemé de nombreux hameaux qui témoignent de la vie d’autrefois, un « petit patrimoine » dans le sens où il n’est pas protégé au titre des monuments historiques… et pourtant…
Ce patrimoine n’est pas une collection d’objets ou d’édifices, c’est un ensemble naturel et culturel, matériel et immatériel, créé par un écosystème humain dans un espace-temps..
Sans être  exhaustifs, on peut mentionner un important patrimoine religieux (3 autres églises; une dizaine de  chapelles de hameaux , des oratoires et des croix),  les belles maisons traditionnelles de la commune, les maisons fortes du coteau, les chalets, villas et hôtels, les programmes collectifs du Plateau d’Assy ou de Chedde, le temple, les jardins paysagers, le petit patrimoine avec ses bassins et ses fours à pain… sans oublier le patrimoine immatériel, la littérature, la vie culturelle et sociale au cours des siècles, les personnages célèbres venus à Passy, de Victor Hugo jusqu’à Marie Curie…
Cette richesse et cette diversité est régulièrement inventoriée par un tissu associatif dense. Il ne faut pas manquer, les événements et les visites qu’organisent les associations et les guides du patrimoine, notamment pendant les journées nationales et européennes du patrimoine.


Renseignements complémentaires
Office de Tourisme
 35, place du Dr Joly - Plateau d’Assy      74190 PASSY





















Téléchargements...
 Formulaire de pré-réservation pour une visite guidée (210ko)


 
– Le Plateau d’Assy
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[1] Mobilier, décor mural et vitraux de Paul Croix-Marie, Roger de Villiers, Eugène Nys, Paul Pruvost, Fernand Py, le père Ephrem Soccard, Pierre Turpin, Valentine Reyre et Angel Zarraga.

L’église Notre-Dame de Toute-Grâce
 
 


POUR VOUS AIDER
L’EGLISE NOTRE DAME DE TOUTE GRACE
Entre 1926 et 1937, une importante station sanatoriale s’installe sur les hauts plateaux de Passy, aux hameaux d’Assy. Le Chanoine Jean Devémy, aumônier du sanatorium de Sancellemoz, est chargé d’y bâtir une église qui va devenir l’édifice-clé du renouveau de l’art sacré au XXe siècle. L’architecture, confiée à Maurice Novarina, s’inspire des solides chalets savoyards. L’auvent, profond de 5m, est soutenu par 6 piliers massifs. Le clocher, haut de 28m, élève le regard jusqu’aux sommets de la chaîne des Fiz. La pierre verte du pays (Grès de Taveyannaz) est choisie pour le gros oeuvre, l’épicéa pour la charpente et les ardoises vertes des Ardennes pour la toiture.
Conseillé par son ami le père dominicain Marie Alain Couturier, pour qui « tout artiste vrai est un inspiré », le chanoine « parie pour le génie » et invite, pour la décoration, les plus grands artistes modernes sans tenir compte de leurs croyances religieuses ni de leur idéologie politique. Voilà ce qu’on appelle « LA LECON D’ASSY ». C’est ainsi que Fernand Léger conçoit pour la façade une mosaïque de 152m2. Au centre, un médaillon où s’inscrit le visage de la VIERGE ; tout autour 9 symboles dont les chrétiens auréolent Marie dans les LITANIES.
 
LA LECON D’ASSY par le père. Marie Alain Couturier o.p. – 1950
« Voilà donc terminée cette petite église. Avant même qu’elle ne fût achevée, on en aura parlé dans tous les pays du monde. Depuis plus d’un siècle, pour aucune église cela ne s’était vu : les plus somptueuses basiliques ont pu être édifiées sans attirer, dans les milieux artistiques ou même, disons-le, simplement dans les milieux vraiment cultivés, la moindre attention…
D’où vient à cette église de montagne cette universelle et subite gloire? D’être un chef-d’œuvre? Non, mais d’être née d’une idée juste.
Et c’est cela qui a frappé les gens, en tous pays; c’est cette idée très simple que pour garder en vie l’art chrétien, il faut, à chaque génération, faire appel aux maîtres de l’art vivant. Aujourd’hui comme autrefois, et pour l’art religieux comme pour l’art profane : car l’art ne vit que de ses maîtres – et de ses maîtres vivants. Non des maîtres morts, si précieux que soient les héritages.
Rien ne naît ou ne renaît que de la vie. Même la tradition.
Si donc à Assy on a écarté tout ce qui était académique (Écoles, Prix de Rome. Institut), c’est qu’il n’y a plus, dans ces milieux, aucune sève, aucun germe de renaissance authentique.
Si on s’est adressé aux plus grands des artistes indépendants, ce n’était pas par snobisme, parce que ceux-là étaient les plus illustres ou les plus avancés, mais parce qu’ils étaient les plus vivants. Parce qu’en eux abondaient la vie et ses dons et ses plus grandes chances.
Voilà ce qui a frappé les esprits, partout où la nouvelle en est parvenue : cette vie débordante, violente, follement généreuse de l’art moderne allait donc être agréée, bénie par la sainte et vieille et… maternelle Église! … offerte au Christ comme le plus bel hommage! …
C’est là la vraie leçon d’Assy sa seule leçon. Mais là aussi était le risque : on prend la vie où on la trouve et comme elle est.
Or, cette vie de l’art indépendant n’était finalement très chrétienne ni dans ses thèmes habituels, ni dans ses inspirations… Qu’en attendre qui pût être vraiment sacré?
On décida cependant de «parier pour le génie.»
On se disait : «Tout artiste vrai est un inspiré. Déjà par nature, par tempérament, il est préparé, prédisposé aux intuitions spirituelles : pourquoi pas à la venue de cet Esprit lui-même qui souffle, après tout, où il veut? Et tu entends sa voix… Mais tu ne sais ni où il va ni d’où il vient… »
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