Le village d'Entremont-le-Vieux  en Savoie 

Le village fait partie du Parc naturel régional de la Chartreuse. Il est situé à 21 km de Chambéry et à 17 km des Echelles .
L'origine agricole de ce village explique son morcellement : 26 hameaux le composent dont certains ne regroupent que quelques fermes. En tout, ce sont aujourd'hui 520 habitants qui se répartissent dans ces hameaux et le chef lieu d'Epernay.
Comme sur une image d'Épinal, on  trouve autour de la place du village la mairie, l'école, l'église et le monument aux morts.

L'Eglise d'Entremont le Vieux, Notre-Dame d'Epernay, fut reconstruite au milieu du XIXe siècle sur son emplacement actuel, suffisamment imposante pour accueillir les 1800 habitants de l'époque. Dotée d'une somme de 1000 francs par le Roi de Sardaigne - Piémont - Savoie, Charles Albert, c'est le travail  des habitants qui permit de trouver le reste de l'argent nécessaire à sa construction.
Sur sa façade en pierres de taille, on peut admirer l'emblème des chartreux, la croix au dessus du globe entourée des sept étoiles représentant Saint Bruno (fondateur de la Grande Chartreuse) et ses six compagnons.
Ravagés en 1995 par un incendie, le clocher et les cloches (qui dataient de 1654) ont été entièrement refaits.

Le musée de l'ours des cavernes  de la grotte de la Balme à Collomb
Connue depuis toujours par les habitants de la vallée des Entremonts et par les randonneurs, la Balme à Collomb révéla son secret le 13 novembre 1988.
Ce jour-là, à 1700 m d'altitude, Pierre Guichebaron et Marc Papet, spéléologues au Spéléo club de Savoie, découvraient, au hasard d'un courant d'air, de vastes salles et galeries, obstruées par une trémie caillouteuse. Dans ces galeries dormait, depuis des millénaires, un exceptionnel gisement d'ours des cavernes.
Très rapidement prévenues, les autorités compétentes (Conservation Départementale du Patrimoine de la Savoie, Muséum d'histoire Naturelle à Lyon) allaient à leur tour constater la présence de centaines, de milliers d'ossements...
À ce jour, sur les 300 m² de sols fouillés, qui représentent 10 % de la superficie de l'ensemble des salles découvertes, ce sont environ 12.000 ossements et fragments d'os qui ont été extraits pour être étudiés.
Les zones non fouillées sont conservées en l'état, comme " conservatoire de l'ours des cavernes " pour que de futurs chercheurs puissent bénéficier de terrains de fouilles vierges.
Les datations au carbone 14, menées avec les procédés les plus récents et les plus performants, ont permis d'établir que les ours des cavernes ont occupé cette grotte à hivernation durant plus de 21.000 ans, entre - 45.000 et - 24.000 ans, ce qui représente une durée d'occupation exceptionnellement longue.
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L'effondrement du mont Granier en 1248
    Le Granier, culminant à 1933 mètres,  est  situé  entre la commune  d'Entremont-le-Vieux (Savoie) et celle de Chapareillan (Isère).  Il limite au nord-est le massif de la Chartreuse. Il  domine la vallée du Grésivaudan, la Combe de Savoie de sa face est et la cluse de Chambéry avec sa face nord.
Cette dernière face nord est une majestueuse falaise de près de 900 m de haut, elle serait la plus haute de France. L'effondrement d'une partie de la falaise s'est produit dans la nuit du 24 au 25 novembre 1248.
   
Causes de l'éboulement : hypothèse
Le Granier est une montagne calcaire de type karstique, c’est-à-dire qu'elle possède un réseau de grottes et de galeries creusées par l'eau (jusqu'à 500 milligrammes de calcaire par litre d'eau de pluie). Il a ainsi été recensé 341 gouffres de 10 à 560 m de profondeur, correspondant à 66 km de galeries. Certaines sont de grandes dimensions. Le Granier est également entaillé par de nombreuses failles. Ces réseaux constituent le point de faiblesse de la montagne, celui qui, combiné avec des pluies abondantes, conduira à la catastrophe.
Les causes réelles de l'éboulement font encore débat, bien que la thèse de Jean Goguel et Albert Pachoud, publiée en 1972, semble gagner les faveurs des spécialistes. Une partie de la corniche, calcaire, cède, et tombe sur un terrain composé de strates de marnes valanginiennes, gorgées d'eau des pluies abondantes de l'automne. Cette chute déclenche un glissement du terrain marneux. Le frottement, pendant ce glissement, des strates l'une contre l'autre crée une élévation de la température qui provoque la vaporisation de l'eau présente dans les interstices. Cette vaporisation de l'eau accélère le glissement et génère des coulées de boue. Celles-ci entraînent dans leur chute non seulement les fragments de la corniche, mais également tout un pan de la montagne, qui vient de perdre ainsi une partie de la base sur laquelle elle était posée. La largeur de la falaise ainsi créée est de 700 à 800 m et  sa hauteur est d'environ 900 m.

Formation des abymes de Myans
Le volume des éboulis est estimé à 500 millions de m³, les roches de la corniche ayant déclenché l'éboulement sont peu de choses, approximativement 1 % du total.
Les éboulis ont suivi la pente naturelle vers le nord-est et ont été stoppés par les moraines des Marches, de Murs et de Seloge (soit un peu plus loin que le tracé de l'autoroute actuelle). Les chercheurs du laboratoire de géologie de l'Université de Savoie ont ainsi calculé que le déficit de terrain se montait à 180 m sous le col du Granier, et qu'il y avait une accumulation sur certaines zones de plus de 40 m d'éboulis.
La zone d'épandage fait environ 23 km², avec une longueur et une largeur maximales, respectivement, de 7,5 km et 6,5 km. Cette zone, appelée les abymes de Myans à cause de la forme bosselée qu'a pris le terrain, est utilisée depuis le début du XIVe siècle pour la culture des vignes (vin d'Apremont). Des dépressions sont apparues, dont certaines font naître de nouveaux lacs, tel le lac de Saint-André, proche de l'emplacement occupé par le village enseveli du même nom.

Conséquences
Le nombre de victimes est habituellement estimé à 5 000 personnes, mais beaucoup pensent que le nombre réel de morts serait  plus faible.
Cinq paroisses ont été entièrement détruites par ensevelissement : Cognin,Vourey, Saint-André, Granier, Saint-Pérange (également appelé Saint-Péran)
Deux paroisses ont été partiellement détruites : Myans, Les Murs (Les Marches)
Le mont Granier s'appelait auparavant le mont Apremont, il a été rebaptisé suite à cette catastrophe avec le nom d'un des villages engloutis. Réciproquement, le village d'Apremont, construit sur les éboulis, a pris l'ancien nom de la montagne.

Sanctuaire de Notre-Dame de Myans
La chapelle de Myans a échappé miraculeusement à la catastrophe. Elle aurait été protégée par la Vierge.



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